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2 sept. 2010

LES RETENTISSEMENTS SYSTEMIQUES DE LA MALADIE PARODONTALE

Il est aujourd’hui admis que certaines maladies systémiques comme l'ostéoporose, le diabète, les maladies inflammatoires chroniques et les maladies auto-immunes peuvent augmenter le risque de survenue de la maladie parodontale ou la modifier. Cependant, jusqu’à récemment, moins d'attention a été consacrée à l'exploration de l’influence que cette dernière peut avoir sur la santé générale. Il a fallu attendre l’émergence du concept de médecine parodontale et des répercussions systémiques des maladies parodontales pour mieux les comprendre et mieux cerner leurs influences sur l’état de santé générale. C’est dans cet esprit qu’a été avancée l’hypothèse que la maladie parodontale peut être un facteur de risque ou un indicateur pour le pronostic d’une pathologie donnée.

 Frank A. Scannapieco, DMD, PhD : Systemic Effects of Periodontal Diseases. Dent Clin N Am 49 (2005) 533–550

L'examen des données actuellement disponibles dans la littérature quant aux retentissements systémiques de la maladie parodontale nous permet de retenir les points forts suivants :
  •  La maladie parodontale est un véritable facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires ;
  • La maladie parodontale aggrave diverses composantes du syndrome métabolique ;
  • Le traitement de la maladie parodontale améliore l’équilibre glycémique chez les patients diabétiques donc prévient et retarde la survenue des complications dégénératives liées au diabète ;
  • La maladie parodontale est un facteur aggravant de l‘IRC et complique davantage la prise en charge des patients insuffisants rénaux chroniques ;
  • La maladie parodontale expose les femmes enceintes à un plus haut risque d’accouchements prématurés, de naissances de bébés hypotrophes et probablement d’autres affections congénitales ;
  • La maladie parodontale favorise la survenue de maladies infectieuses respiratoires ;
Perspectives :
A la lumière des données précédentes, et compte tenu du fait que la maladie parodontale est responsable de l’augmentation de la concentration plasmatique des marqueurs sériques de l’inflammation, il est légitime de penser qu’elle est susceptible d’aggraver les maladies inflammatoires chroniques évoluant par poussées et impliquant des mécanismes auto-immuns notamment les Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins (MICI) à savoir la maladie de Crohn et la Recto-Colite Hémorragique (RCH). Malgré leur fréquence relativement haute, elles demeurent peu connues. Les manifestations articulaires au cours de ces maladies ne sont pas rares. On sait déjà que la maladie parodontale est modifiée chez ces patients. Cela peut être directement lié au mécanisme physiopathologique de ces maladies et aux désordres immunologiques inhérents ou encore aux traitements médicamenteux non spécifiques (Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), corticoïdes et parfois immunosuppresseurs). L’exploration du rôle de la maladie parodontale dans l’évolution de ces maladies est à examiner de plus près.

Prudence ! 
La non concordance occasionnelle entre les résultats des essais cliniques, des enquêtes et des études épidémiologiques actuellement disponibles dans la littérature, est souvent due aux différences méthodologiques à la variation des critères d’énonciation de la maladie parodontale, à l’inhomogénéité des échantillons, à l’association d’autres maladies ou facteurs de risque parfois incontrôlables (tabac, conditions socio-économiques,..). C’est pourquoi la plupart des auteurs recommandent une interprétation prudente des conclusions en attendant une meilleure standardisation des méthodes et du matériel employé.


En conclusion, la maladie parodontale constitue un problème réel de la santé publique. La santé bucco-dentaire et parodontale est un bon indicateur de l’état de santé d’un sujet donné. Une meilleure communication et coopération entre le médecin dentiste et les autres professionnels de la santé est donc indispensable. L’examen odontostomatologique par un spécialiste doit être systématique. Ce dernier est le seul capable de poser un diagnostic précis, de juger la sévérité de la maladie parodontale et discuter le choix entre les différents moyens thérapeutiques ainsi que le choix du bon moment pour intervenir. La prévention et le traitement des maladies parodontales réduit considérablement le coût de production de la santé publique et améliore la qualité de vie de nos patients.

1 sept. 2010

Maladie parodontale et diabète

Le diabète est un fléau qui concerne la santé des adultes mais aussi celle des jeunes. Il est actuellement admis que la maladie parodontale influence défavorablement le contrôle métabolique du diabète.
En explorant l’effet du traitement parodontal sur le contrôle de la glycémie chez des sujets diagnostiqués diabétiques, des méta-analyses suggèrent une association significative : le taux moyen de l’hémoglobine glyquée (HbA1C) diminue de 0.79% chez les sujets diabétiques ayant bénéficié d’un traitement parodontal (Darré et al. 2008).
En fait, le diabète est une maladie grave. Ses complications aigues sont d’ordre métabolique (acidocétose diabétique, syndrome d’hyperglycémie hyperosmolaire, acidose lactique et l’hypoglycémie). Elles peuvent révéler la maladie ou survenir au cours de son évolution. Les complications chroniques du diabète (microangiopathie, neuropathie, macroangiopathie et complications infectieuses) sont les causes principales de morbidité et de mortalité des patients diabétiques. Les deux principaux facteurs influençant la survenue de ces complications et la précocité de celles-ci sont la durée d’évolution du diabète et l’équilibre glycémique. Ainsi, le traitement parodontal constitue un élément clé en matière de prévention de la survenue de complications plus ou moins sévères, mettant en jeu le pronostic vital de ces patients.
Pour élucider le mécanisme de cette association, certains sont partis de l’observation clinique suivante : dès lors qu’une infection bactérienne ou virale aigüe accroit la résistance tissulaire à l’insuline chez les sujets non diabétiques, elle aggrave le déséquilibre glycémique chez les sujets diabétiques. Il est à noter que cette insulinorésistance persiste des semaines, voire des mois, après la résolution clinique de l’inflammation. C’est ainsi que la flore bactérienne responsable de la maladie parodontale constitue un inducteur potentiel de facteurs susceptibles de potentialiser cette résistance d’où les désordres de la glycémie (Mealey et Oates 2006). Néanmoins, le mécanisme physiopathologique exact de cette association demeure peu connu.